S’estimant victimes de harcèlement moral de la part de la directrice administrative et financière du Sdis 57, cinq femmes viennent de déposer plainte auprès du procureur de la République.
Les discussions internes n’ont pas abouti, et l’affaire est aujourd’hui entre les mains de la justice. Entamés en mai, les échanges entre la direction du Service départemental d’incendie et de secours de la Moselle (Sdis 57) et le Syndicat national des sapeurs-pompiers professionnels viennent d’être rompus, faute d’accord. Le cas des personnels s’estimant victimes de harcèlement moral devait être discuté dans l’intimité du centre départemental de Saint-Julien-lès-Metz.
Mais, «malheureusement, nous n’avons pas trouvé d’autres moyens que de déposer plainte, explique le commandant Mickaël Schmitt, responsable de la section mosellane du SNSPP. Le climat s’est détérioré, le personnel souffre de plus en plus. Nous sommes pompiers, nous nous occupons au quotidien de gens en détresse». «ll n’était pas possible de laisser faire plus longtemps », ajoute son adjoint, le major Marc Brunet.
Femme déprimée
Cinq femmes, cadres administratifs, adhérentes à ce syndicat, ont saisi le procureur de la République de Metz.
Selon la CGT, «d’autres devraient suivre très rapidement.»
Les plaintes visent la directrice administrative et financière du service départemental des pompiers. Que reproche-t-on à cette femme expérimentée, passée par différentes administrations ?
«Des moqueries, des remarques régulières sur les tenues vestimentaires, un ton narquois, affirme un représentant de la CGT. Une de nos adhérentes est en arrêt maladie, elle est
complètement déprimée.» Le syndicat a tenté, à plusieurs reprises ces derniers mois, d’alerter par courrier les autorités compétentes. Dans sa dernière lettre datée du 1er octobre et
transmise au procureur de la République, la CGT s’alarmait qu'« aucune enquête administrative n’a été commandée» par le président du conseil d’administration du Sdis. Celui-ci est
resté injoignable hier.
«Ce n’est pas très clair»
Au nom de la direction du Sdis, le colonel Bernard Franoz, patron des pompiers mosellans, a reconnu être «très surpris par cette démarche judiciaire. L’enquête décidera, mais pour moi, je ne vois pas de raison d’attaquer cette collaboratrice proche. Ce n’est pas très clair, j’attends de savoir exactement ce qu’on lui reproche. Ce qui est certain, c’est que ce genre de dossier est actuellement très sensible». Et au sujet du personnel en souffrance ? «Il y a des arrêts maladie, mais sans doute moins qu’ailleurs.» Ce matin, à 8 h, l’ensemble du personnel administratif, technique et spécialisé est convoqué au Sdis pour une réunion.
Kevin GRETHEN.Publié le 09/10/2009
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